Nous refusons la marchandisation de notre Terre à des fins spéculatives, plus particulièrement l’expulsion de paysans situés sur le domaine de Rovani, commune de Coghja (près de Vicu).
En effet, les problèmes d’indivision dont souffrait ce domaine ont fait apparaître différents maux.
Tout d’ abord celui de l’accession à la propriété par les exploitants, en effet cette famille ayant peu de moyens n’a pu durant toutes ces années acheter les parts à ses co-indivisaires ce qui, bien évidemment a porté l’affaire devant les tribunaux. Une mise aux enchères du domaine et de la maison familiale (maison où vit encore actuellement la famille) est décidée. Face à cet état d’urgence, les enfants , dont un est exploitant avec son père qui a aujourd’hui 87 ans, récupère les fonds auprès d’amis et membres de la famille, la mise à prix est de 250 000 euros.
Le jour de la vente aux enchères un « ami » continental se présente et au dernier moment, à la dernière flamme de l’ultime bougie, surenchérit à 300 000 euros, la famille se trouve devant une situation inextricable.
Elle se retourne vers la SAFER afin que celle – ci applique son droit de préemption.
Rien n’est fait….une délégation demande un entretien avec le Président de la Chambre d’agriculture de la Corse du Sud afin de savoir pourquoi la SAFER, dans ce cas précis n’a pas user de son droit. Il lui a été répondu que la SAFER n’avait pas les fonds nécessaires pour le faire.
Le Président de la Chambre d’agriculture de la Corse du Sud prend un accord avec la famille, celui de se rapprocher de l’acheteur et de demander à celui-ci :
Soit
De revendre à la famille les parcelles d’oliviers et la maison familiale et garder le reste de la propriété.
Soit
D’établir un bail agricole et permettre la continuité de l’exploitation.
Aucunes nouvelles à ce jour de la part du Président pourtant sollicité à plusieurs reprises et aujourd’hui le délai légal de préemption est largement dépassé.
L’acheteur a une intention de construire à des fins spéculatives, en commençant par la création de gîtes et finissant on ne sait où….
Se sentant conforté par l’inaction des mouvements, des syndicats etc….le nouveau propriétaire a fait savoir qu’il prendrait possession de son bien début juillet, et demandé à la famille d’arrêter l’exploitation des oliviers (un moulin a été rénové par le fils exploitant) et de libérer la maison.
Comment défendre notre Terre si nous ne prenons pas en compte les paramètres suivants :
- l’approche culturel, en effet il n’a jamais été vu qu’un exploitant perde sa Terre même si celle ci est vendue aux enchères, chaque fois le peuple (les gens du village, les amis…) s’est mobilisé financièrement afin de l’aider et ne s’est jamais présenté à une vente afin de lui prendre ce qui est le plus important pour lui… sa Terre.
- L’approche administrative, en effet la SAFER qui a pour but de préserver la Terre agricole, dans ce cas précis n’a pas joué son rôle, pire encore, il apparaît qu’elle n’a pas les fonds nécessaires pour le faire. Alors, où va-t-on ?
Qu’elle est l’avenir de notre Terre ?……
De plus, doit on accepter que l’acquisition de TERRES AGRICOLES (de plus en plus rares) deviennent des « TERRES IMMOBILIERES TOURISTIQUES » , doit on accepter et ce dans un avenir très proche la disparition d’une productivité rurale…….
C’EST POUR CELA QU’UNE MOBILISATION MASSIVE DE TOUS EST DEMANDEE LE SAMEDI 23 JUIN 2007 A COGHJA A PARTIR DE 10h30 (PRES DE VICU) AFIN DE SAUVEGARDER NOTRE TERRE.
La Ghjuventù Paolina appelle à une grande mobilisation pour défendre l’avenir de deux jeunes agriculteurs corses menacés d’expulsion à des fins spéculatives immobilières, encore une fois à profit d’un étranger.