En cette année 2008 déclarée « année des langues » par l’Unesco, l’Etat français, mis en cause sur le plan international, notamment par l’ONU et par le conseil de l’Europe quant à sa gestion des droits des minorités, continue à nier la diversité culturelle à l’intérieur de ses frontières, tout en donnant des leçons à la terre entière sur le respect des droits culturels.
A contre courant de l’évolution de l’ensemble des pays européens, et de conventions internationales qu’elle a elle-même signé, la France, au nom de l’universalisme républicain, a jusqu’à présent dénié à notre langue le droit d’exister dans la sphère publique sur sa propre terre, ce qui est le plus sur moyen de la condamner a une disparition programmée.
A l’initiative du gouvernement, soutenue par quelques députés dont (pour la première fois) les représentants corses, le parlement français a débattu le 7 mai sur la question des langues régionales, et particulièrement la modification de l’article 2 de la constitution, qui prévoit que « la langue de la république est le français ».
En conclusion des débats, la ministre de la culture, en refusant le passage au vote et en promettant une loi à venir, a réaffirmé la position du gouvernement :
« Le droit imprescriptible de parler une langue régionale, notamment dans la sphère publique » est « contraire à des principes constitutionnels aussi fondamentaux que l’indivisibilité de la République, l’égalité devant la loi et l’unité du peuple français. Le problème va donc au-delà de l’articulation de la Charte avec l’article 2 de la Constitution : cette ratification engagerait notre noyau dur constitutionnel, qui interdit de conférer des droits particuliers à des groupes spécifiques, et qui plus est sur des territoires déterminés.»
Le 22 mai l’assemblée a pourtant voté de façon quasi unanime l’inscription des langues régionales dans la constitution, en rajoutant à l’article 1, que « les langues régionales font partie du patrimoine national ».
Si cela constitue une évolution, il reste toutefois à savoir quelle sera la décision du Sénat, puis celle du congrès à Versailles. En l’état, la reconnaissance officielle dans l’espace public et la généralisation effective de l’enseignement, conditions essentielles pour la survie de notre langue, sont loin d’être garantis, d’autant que l’article 2 de la constitution, utilisé comme facteur de blocage principal, n’a pas été modifié,
Les attitudes hostiles à notre langue continuent à exister, comme le prouve l’attitude récente de l’ANPE.
Au-delà des blocages sciemment entretenus par l’appareil d’Etat et divers lobbys conservateurs, il appartient aux élus des différentes assemblées délibérantes de l’île qui ont maintes fois affirmé leur souci de préserver notre langue de prendre leurs responsabilités.
Pour cela, ils doivent rompre avec le ronronnement actuel et mettre en œuvre, sans attendre que l’Etat français le fasse à leur place, une politique ambitieuse au service de la sauvegarde et de la promotion de notre langue, facteur d’intégration essentiel pour le peuple corse, mais aussi pour tous ceux qui aspirent a vivre dans notre pays.
- Associu di i Parenti Corsi
- Ghjuventù Indipendentista
- Cunsulta di i Studienti Corsi
- Ghjuventù Paolina
Strada diritta è core in fronte…