Ce vendredi 13 mars 2009, une délégation universitaire composée d’enseignants, d’administratifs et d’étudiants de l’Université de Corse a été reçue à 16h par le Recteur au rectorat d’Ajaccio.
L’ordre du jour portait sur les projets de décrets relatifs au statut des enseignants chercheurs, sur la Mastérisation et sur le contrat doctoral unique.
Nous lui avons en préambule signifier que nos revendications portaient sur ces trois points et que la résolution du conflit n’était envisageable que lorsque des solutions auront été trouvées sur ces trois points, qui pour nous sont indissociables.
Nous l’avons informé que la mobilisation se poursuit à l’Université de Corse et qu’elle peut toujours se redurcir au cas où il n’y aurait pas d’avancées significatives sur l’un ou l’autre des dossiers.
Le Recteur nous a reçu à 16h, nous lui avons fait part de nos préoccupations et de nos interrogations quant à l’avancée des négociations. Ce dernier nous a répondu sur la situation telle qu’il l’a connaissait à l’heure où il nous a rencontré et nous a informé qu’il avait une vidéo conférence avec les ministres à 17h30. Nous lui avons donc posé toute une série de question qu’il a ensuite posé aux ministres et dont il nous a fait part après sa vidéo conférence.
En voici la teneur:
Nous préciserons ici que nous sommes toujours sur les mêmes revendications, c’est à dire que nous pensons qu’il est nécessaire de réformer le statut des enseignants chercheurs mais par n’importe comment en laissant la porte ouverte à tous les abus, qu’il est nécessaire de clarifier le projet de mastérisation des concours et qu’il est également nécessaire de mettre en place un contrat doctoral unique mais sans précarisation du statut du doctorant…
Le principal sujet abordé a été la mastérisation puisque lors de notre dernier entretien, cela avait été le sujet le moins abordé.
Ce que l’on appelle souvent la mastérisation, c’est le recrutement des professeurs des écoles et des enseignants du secondaires à niveau bac+5 (niveau Master) au lieu du niveau bac +3 (niveau licence) aujourd’hui demandé, pour permettre aux nouveaux lauréats de ces concours une revalorisation de leurs statuts et de leurs rémunérations.
Le Recteur a réaffirmé que ce principe ne serait pas remis en cause par le Ministère, nous lui avons tout simplement répondu qu’il n’avait jamais été question de remettre en cause ce principe.
Nous lui avons fait remarqué que notre principale revendication était le maintien du PE2 et du PLC2 que le Ministère voulait tout simplement faire disparaître pour des raisons comptables.
Il faut savoir que cette année de PE2 ou de PLC2 permet aux nouveaux lauréats de ne pas entrer de plein pied dans le métier en suivant durant un an, une formation théorique en IUFM et une formation pratique devant les classes.
Le Recteur nous a informé que le Ministère avait changé sa position.
En effet, le Ministère est maintenant d’accord pour maintenir une année sur ce principe pour les lauréats du concours, la répartition pratique et théorique étant encore à négocier la semaine prochaine.
Le Ministère serait même prêt à accepter une formation alliant 50% de théorie (formation en IUFM) et 50% de pratique (devant les classes) selon le Recteur, on verra bien ce qu’il sortira des négociations de cette semaine.
Le Recteur nous a également informé que pour 2010, l’épreuve prévu dans les concours de connaissance du système éducatif était remplacé par une épreuve disciplinaire comme avant, tout en disant que la réforme se ferait avec une phase transitoire permettant aux Universités d’adapter leurs M2 sans passage obligatoire devant l’AERES quand elles avaient déjà reçues un avis favorables de cette dernière, afin de donner un peu de souplesse aux Universités dans la mise en oeuvre de cette réforme. Le Recteur a continué en réaffirmant que le Ministère conseillait vivement aux Universités d’adosser les Masters professionalisant aux Masters recherches existant.
Le Recteur nous a également confirmé que des stages facultatifs étaient prévus en M1 et M2.
En M1, c’est un stage en observation, c’est à dire que l’étudiant observe comment l’enseignant fait son cours, à hauteur de 108h qui est prévu.
En M2, c’est un stage en responsabilité, c’est à dire que l’étudiant fait le cours avec le tuteur de son établissement d’accueil, à hauteur de 108h qui est prévu. À noter ici que l’étudiant aura aussi un tuteur de l’IUFM qui sera chargé d’encadrer son stage et auquel l’étudiant devra rendre un rapport de stage. Il y aura 50 000 étudiants de M2 qui seront également inscrits aux concours qui pourront bénéficier d’une bourse pour effectuer ses 108h de stage, à hauteur de 3000 €.
Il y aura également 12 000 bourses pouvant atteindre 2500€ qui seront attribuées sur critères académiques aux meilleurs étudiants de M1 MAIS seulement si ils ont droit à une bourse sur critères sociaux.
Il y aura également 5000 postes d’assistants d’éducation qui seront réservés aux étudiants de M2 inscrits aux concours et 4000 en M1 pour les étudiants souhaitant se destiner au métiers de l’enseignement.
Nous avons fait remarqué que la mise en place de tels stages ne pouvait être bénéfique que si ces derniers avaient un caractère obligatoire, car lorsque que l’on sait la charge de travail qui est demandé à un étudiant préparant un concours, celui-ci préfèrera sûrement travailler son concours plutôt que d’aller en stage pendant que les autres prépareront leurs concours, même si les stages en eux mêmes sont une bonne chose pour la formation de l’étudiant.
Ensuite, nous avons longuement insisté sur le devenir des étudiants qui valideraient leurs M2 mais qui n’auraient pas leurs concours dès la première fois, puisque ces derniers ne peuvent bien entendu pas se réinscrire dans un M2 qu’ils ont déjà et qui préparent au concours.
Le Recteur nous a répondu que les IUFM allaient mettre en place des DiplômesUniversitaires, un style d’écuries, pour les étudiants (la majeure partie) qui n’obtiendraient pas leurs diplôme en même temps que leurs M2.
Nous lui avons alors demandé comment allaient être financés ces DU et par qui? Le Recteur nous a répondu qu’il ne savait pas et que cela allait à son sens faire l’objet des négociations de cette semaine puisque rien n’est définitivement acté.
Nous lui avons fait remarqué que les Universités ne pourraient pas financer ces DU sur leurs fonds propres car elles n’en auraient pas les moyens, sauf à augementer considérablement les frais d’inscriptions sur le modèle anglo saxon, chose sur laquelle nous sommes totalement opposés en vertu de l’égalité des chances pour tous.
Nous avons ensuite parlé du problème que pouvait rencontrer nos PE2 en Corse, si on les envoyait dans des écoles primaires où il n’y avait pas beaucoup de professeurs, car ils se retrouveraient à coup sûr à devoir remplacer le Directeur d’école et donc à avoir des tâches administratives qu’ils auront du mal à assumer étant nouveaux dans le métier.
Le Recteur nous a informé que le Ministère demandait aux rectorats de ne pas envoyer les PE2 dans nos petites écoles de village mais dans des écoles qui comportaient au moins une classe par tranche d’âge du CP eu CM2, afin que les PE2 puissent être bien encadrés pendant leur année de professeur stagiaire.
Le Recteur nous a ensuite affirmé qu’il n’était pas question de supprimer le concours spécifique, c’est à dire le concours de PE bilingue.
Enfin, le dernier problème que nous avons longuement abordé concerne les droits à la bourse des étudiants qui s’inscriront en DU.
En effet, actuellement, la préparation IUFM pour passer les concours ou les Masters permettent aux étudiants qui ont droit à la bourse sur critères sociaux de l’avoir trois fois sans pénalités, ce qui permet donc aux étudiants qui passent les concours et qui ont la bourse de les passer trois fois au minimum en ayant droit à la même bourse, ensuite l’attribution ou non d’une bourse pour une quatrième fois peut être obtenu par rapport aux résultats pour les étudiants qui ont eu l’écrit au moins une fois.
Avec la Mastérisation, les étudiants perdent un droit à la bourse, nous avons donc longuement insisté auprès du Recteur pour qu’un droit à la bourse supplémentaire soit ouvert.
Le Recteur a donc posé la question aux ministres qui lui ont répondu qu’il fallait négocier cela avec le CNOUS qui régit tous les CROUS mais que eux y étaient favorables.
Le problème de la Mastérisation reste donc toujours flou mais des avancées tout de même significatives ont eu lieu, notamment le maintien du PE2 ou du PLC2, sous une autre forme certes, mais qui finalement revient au même.
Des questions telles que le caractère obligatoire des stages en M1 et M2 ou le financement des DU en IUFM pour les étudiants qui valideront leurs Masters sans réussir le concours sont toujours à poser, c’est pour cela que la mobilisation doit se poursuivre.
En ce qui concerne le contrat doctoral, le Recteur nous a informé que des négociations étaient en cours entre le Ministère et les syndicats étudiants et que au vu des discussions qu’il avait eu avec les ministres, il pense que nos revendications vont aboutir.
À savoir, le retrait de l’article permettant de rompre le contrat du doctorant sur simple lettre recommandé sans aucune justification, qui précarise grandement le statut du doctorant et qui peut en faire l’homme à tout faire de son directeur de thèse, le retrait des termes de missions d’expertise qui se traduise par du secrétariat en général dans les missions confiées aux doctorants.