Les syndicats étudiants GP, GI, CSC et l’APC ont entamé au mois d’octobre dernier une démarche commune en vue d’interpeller le Président de la République française sur la question de l’officialisation de la langue corse.
Lors de sa visite le Président Sarkozy a opposé une quasi fin de non recevoir à notre demande, se limitant à énoncer des statistiques inexactes sur l’enseignement de langue et répéter à l’envi qu’il « est prêt à aller très loin en la matière ».
Ce discours n’apporte aucune mesure concrète.
Or l’urgence de la situation doit amener à prendre des mesures fortes pour redonner à notre langue la place qui doit être la sienne dans la société corse. La langue corse a toujours été facteur d’identité, d’intégration et de cohésion sociale sur cette terre.
Aujourd’hui sa régression provoque une fracture communautaire avec tous les risques qu’elle engendre.
Dès lors, il nous apparaît que seule une véritable co-officialité et un statut juridique sont de nature à permettre la pérennité de notre langue et la cohésion sociale sur notre terre.
Nous tenons à rappeler que la France n’applique en la matière aucune des conventions internationales souscrites par l’ensemble des grands pays développés. Que ce soit celle de l’ONU (Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques), de l’UNESCO (Convention sur la diversité culturelle) ou de l’Europe (Charte des Langues Minoritaires).
L’Assemblée de Corse a elle-même à de nombreuses reprises affirmé son soutien à la langue corse par plusieurs motions : en 1992 pour la co-officialité, lors de la synthèse des discussions de Matignon, et plus récemment en adoptant à l’unanimité le rapport du Conseil Scientifique.
En conséquence nous appelons toutes les organisations syndicales, associatives et politiques, et au-delà l’ensemble de la société corse à manifester le 26 janvier 2008 à Aiacciu sur le mot d’ordre « lingua corsa ufficiali ».